Le lapin ou le lièvre ne sont pas les seuls animaux dont on cherche à s'approprier les vertus en même temps que leurs pattes. En France, les pattes d' ours et de blaireau (Pyrénées), ou de taupe (Flandre), ont également eu valeur de porte-bonheur. En cas de problèmes dentaires, on conseillait de mettre une patte de taupe au cou des jeunes enfants et, pour les adultes, une patte de lapin sur le bras gauche.
Certains estiment que pour être un vrai talisman, la patte doit provenir d'un lapin ou d'un lièvre tué ou capturé dans des conditions spéciales : un vendredi (de préférence un Vendredi Saint ou un vendredi 13), de nuit, par une personne atteinte de strabisme, à l'aide d'une balle d'argent comme un loup-garou etc.
Aux États-Unis, la patte de lapin fut d'abord liée à la culture des Noirs du sud, où elle aurait été utilisée dans le hoodoo, tradition locale inspirée du vaudou. Elle semble y avoir la même valeur qu'on prête aux ossements humains dans cette croyance ; certains prétendent que le lapin doit être capturé ou tué dans un cimetière. La percée du blues dans les années 20 a popularisé le hoodoo et la patte de lapin, et les éleveurs en ont profité pour écouler massivement sous forme de porte-clés / porte-bonheur les résidus d'abattage. Une chanson de Blind Lemon Jefferson s'intitule Rabbit Foot Blues. Le lapin est aussi un personnage de la littérature orale (puis écrite) du sud noir, appelé Br'er (brother) Rabbit en anglais et Compair (compère) Lapin en créole français ; il s'agit probablement d'un avatar du lièvre astucieux des contes d'Afrique de l'Ouest.