Apparition

Apparition
Une histoire qui m'es arrivée il y a quelque semaines de cela

Souvent la nuit je me reveille pour boire
Cependant cette nuit la ce n'etait pas la soif qui m'as reveiller mais plutot un pressentiment que je n'arriverais pas a expliquer moi meme
J'ouvre donc les yeux et mon regarde se fixe directement sur ma télé qui etait eteinte, a coté de ma télé se trouvais ... a coté de ma télé se trouvais quelque chose, une apparation d'une femme, un ange je ne serais vous dire mais je peux vous le décrire
Une belle lumiere blanche, et une femme avec des cheveux blond qui se tenait debout
Je continuais a regarder mais la chose ( appellons la ainsi ) avais disparu
J'en ai parler a mon beau pere qui pour lui une telle apparition annonce un signe de mort
Hum tres sympa beau papa, deja que je suis malade depuis quelque temps fiche moi donc encore plus la frousse
Bref ma mere m'as dis exactement la meme chose ( comment ils sont rassurant les parents je vous jure )
Depuis cette nuit la je n'ai plus revue " cette chose "
Esperont qu'elle ne reviendra plus me reveiller en pleine nuit

# Posté le jeudi 06 décembre 2007 01:13

Les Incubes

Les Incubes
Suivant le dictionnaire Quillet, l'incube est "un démon mâle qui est censé prendre un corps pour abuser d'une femme endormie ou transportée au cours du sabbat". Son pendant féminin est le succube.
D'une connotation sexuelle très forte, les récits d'attaques d'incubes sont teintés d'une ambivalence à l'égard des sentiments de la victime : tantôt plaisants, ils peuvent se transformer en cauchemar...

Origine latine

Selon Bloch et Wartburg[1], le mot incube apparaît vers 1372. Il dérive du latin classique inc, « sur », et cubare, « coucher », donc « qui couche sur ». Pourtant Saint-Augustin (354-430) désignait déjà l'incube dans La cité de Dieu :

Beaucoup assurent avoir expérimenté ou avoir entendu dire par ceux qui l'avaient expérimenté, que les sylvains et les faunes (ceux que le vulgaire appelle incubes) se sont souvent présentés à des femmes et ont consommé l'union avec elles ; aussi vouloir le nier paraît de l'impudence[2].
Le terme incube est à l'origine utilisé spécialement par le monde ecclésiastique. Une description détaillée est présente dans le Malleus Maleficarum, traité d'inquisition en 1486 :
Par des démons pareils, les actes sexuels de l'impureté la plus honteuse sont commis, non pour le plaisir mais pour l'infection du corps et de l'âme de ceux dont ils se font incubes et succubes. Ensuite au terme d'un acte pareil, conception et génération parfaites peuvent être réalisées par des femmes : ils peuvent à l'endroit requis du ventre de la femme approcher la semence humaine de la matière préparée pour elle. Tout comme ils peuvent recueillir des semences d'autres choses pour d'autres effets. Dans de telles générations, ce qu'on attribue au démon, c'est seulement le mouvement local et non la génération elle-même, dont le principe n'est pas la puissance du démon ou du corps par lui assumé, mais la puissance de celui de qui est la semence. D'où l'engendré est fils non du démon mais d'un homme.
(...)
Un démon succube prend la semence d'un homme scélérat, un démon proprement délégué près de cet homme et qui ne voudra pas se faire l'incube d'une sorcière. Il donne cette semence à un autre démon détaché près d'une femme, une sorcière ; et celui-ci sous une constellation qui lui est favorable pour produire quelqu'un ou quelqu'une capable de maléfices, se fait l'incube d'une sorcière

.
Ce problème de la génération issue de l'union d'un incube et d'une femme n'est cependant pas issu de Heinrich Kramer (alias Henri Institoris) et Jacques Sprenger, les auteurs du Malleus, puisque Saint Thomas d'Aquin (1225-1274) en parlait déjà dans Somme théologique[4].
Des considérations théologiques, le terme incube est passé dans le domaine médical progressivement, pour désigner le cauchemar :
Johann Weyer (1515-1588) consacre un chapitre à l'illusion de l'incube :
Tous ces accidens procedent de la chaleur diminuee : & se font lors que les esprits animaux qui habitent dedans le cerveau, sont tellement offusquez par les vapeurs, qui montent & procedent du phlegme & de la melancholie, que leur vertu en est oppressee[5] [6]
Il cite le cas d'une religieuse de quatorze ans qui couchait toutes les nuits avec Satan, et commente ainsi (tout comme Henri Corneille Agrippa) ses débordements nocturnes : Les femmes sont mélancoliques, qui pensent faire ce qu'elles ne font pas[7].
De même Martín Antonio Delrío (1551-1608) en parlant des incubes, succubes et démons :
L'oppression toutefois, et quasi suffocation ne provient pas toujours de la part de ces démons, aussi bien souvent d'une espèce de maladie mélancolique que les Flamands appellent Mare, les Français Coquemare et les Grecs Ephialtes, lorsque le malade a opinion d'un pesant fardeau sur la poitrine, ou d'un Démon qui veut faire force à sa pudicité.
Ou encore Scipion Dupleix (1569-1661) parle indistinctement de l'éphialtès des Grecs et de l'incube des latins lorsqu'il dit :
La commune opinion est que cela procede de la voracité & crudité des viandes que l'estomach surchargé ne peut digerer : d'où s'exhalent des vapeurs lesquelles estoupant les conduits de la respiration & de la voix nous travaillent en sorte qu'il semble qu'on nous suffoque par le surfais de quelque gros fardeau

Dans le Dictionnaire Furetière édition 1690 :
CAUCHEMAR. s. m. Nom que donne le peuple à une certaine maladie ou oppression d'estomac, qui fait croire à ceux qui dorment que quelqu'un est couché sur eux : ce que les ignorans croyent estre causé par le malin Esprit. En Latin Incubus, Ephialtis en Grec. In Dictionnaire Furetière édition 1690.
C'est Dubosquet Louis en 1815 qui va s'attacher, dans sa thèse de médecine, à faire remplacer le terme incubus par cauchemar, et à sa suite, les dictionnaires de médecine utiliseront cauchemar

Considérations générales

L'union entre des êtres surnaturels et des mortelles est une croyance répandue ; pour n'en citer que quelques-unes :

Dans la Bible : Génèse 6 1-4 ; mais aussi dans les textes apocryphes : Le livre d'Enoch VII
Le Cantique des Cantiques est probablement la description de l'amour entre une mortelle et une divinité[9]
Les nombreux amours entre Zeus et les mortelles dans la mythologie grecque
Le mythe d'Eros et Psyché
Il est maintenant bien établi que partout dans le monde, les démons ont précédé l'apparition des religions monothéistes. Les démons sont à l'origine une puissance animiste et s'enracineront plus tard dans la croyance aux morts et aux revenants. Un démon peut devenir un dieu et inversement[10]. La particularité de l'incube est que l'union sexuelle se fait pendant le sommeil de la femme. Mais même cette particularité n'est pas spécifiquement chrétienne puisque qu'il existait déjà chez les Grecs la notion de sommeil du Temple ou incubatio qui consistait en l'union d'un Dieu et d'un(e) mortel(le), notamment dans le cadre du traitement de la stérilité.

La descendance de l'union d'un incube avec une mortelle est variable suivant les époques et les traditions.
Au Moyen Âge, on considérait la descendance comme étant humaine : le sperme récolté par un démon succube était transmis à un démon incube détaché auprès d'une femme. Il s'agissait d'une sorte de génération parfaite par les femmes. Les sources sont le Malleus Maleficarum, traité d'inquisition publié en 1486.
Ernest Jones[11], en citant plusieurs auteurs[12], fait descendre de telles unions : Robert, père de Guillaume le Conquérant, Luther, Merlin (issu d'un Incube et d'une nonne, fille de Charlemagne), César, Alexandre le Grand, Platon, Scipion l'Africain (...) la race des Huns et toute l'île de Chypre.

L'évocation d'Eros selon Julius Evola

Avant d'aborder la notion de l'incubat et du succubat selon Julius Evola[13], rappelons quelques notions nécessaire pour sa bonne compréhension au sein de la pensée de l'auteur.

Il existe deux façons d'aborder la notion d'eros : l'eros profane et l'eros sacralisé. La première s'enracine dans le biologique, la sexualité commune. La seconde se manifeste dans l'ordre du divin. Il en est de même pour l'Aphrodite Uranie (l'amour vulgaire) et l'Aphrodite Pandémie (l'amour à caractère divin). De même que le singe descend de l'homme par involution, la sexualité animale, voire humaine, se présente comme la chute et la régression d'une impulsion n'appartenant pas à la sphère du biologique. Une des fonctions d'Eros est de combler la distance entre la sphère du mortel et la sphère du divin. Cela rejoint les idées platoniciennes selon lesquelles Eros est un puissant démon, un intermédiaire entre la nature de Dieu et la nature de mortel. La manie de l'amour lié à Eros et Aphrodite peut prendre deux formes : l'une dérivant de maladie humaine, l'autre d'exaltation divine[14].

La notion d'incubat et de succubat est présenté par Evola dans le cadre du processus des sacralisations et évocations de l'Eros sacrée. Le paradigme des processus de sacralisation est représenté par le mariage comme mystère alias les hiérogamies et la prostitution sacrée. L'incubat et le succubat représente pour lui les prolongements ténébreux de ces processus. Ils peuvent être plus ou moins conscients et peuvent avoir des correspondants pathologiques. Les développements subtils de l'Eros sont sous la gouverne du royaume de la nuit, de l'obscurité, car c'est de nuit qu'ont lieux les changements d'état de la conscience. Ces phénomènes, d'après l'auteur, étaient connus dès l'époque des sumériens. Il cite également pour appuyer sa thèse :

Stanislas de Guaita[15] selon lequel l'incube et le succube sont deux formes spectrales d'un hermaphrodisme convertible. Evola explique qu'il s'agit de l'union de deux formes tendancielles des deux principes masculin et féminin.
Paracelse dont un passage dans le traité des maladies invisibles ferait allusion au pouvoir évocatoire de l'imagination permettant le contact avec les puissances suprasensibles du sexe[16].
Parmi les autres processus de sacralisation, à titre d'informations, Evola évoque, dans le cadre de l'Eros profane, l'amour chevaleresque médiéval, mais également, dans le cadre des expériences initiatiques, les Fidèles d'Amour.

Du point de vue du plaisir, Evola cite celui que certains peuvent éprouver en rêve, dans les cas où il n'y a pas d'éjaculation. Ce plaisir rapporté par certains, à un caractère plus extatique et omni-envahissant que celui lié à l'acte physique. Ce plaisir n'est pas lié aux conditionnalités physiologiques habituelles.

# Posté le jeudi 06 décembre 2007 01:05

Les Succubes

Les Succubes
Un succube est un personnage de légendes. Démon qui prend la forme d'une femme pour séduire un homme durant son sommeil et ses rêves, ils servent Lilith et ont pour mode d'action la séduction des hommes. Son pendant masculin est l'incube.

Des légendes racontent que le succube prendrait l'apparence d'une femme défunte et, faisant croire à la résurrection de celle-ci, s'accouple avec son bien aimé. Une autre dit que les succubes punissent les hommes pour leur traîtrise en les charmant puis en les abandonnant.

Le succube est de nature ambivalente, puisqu'il est à la fois redouté et désiré. « Ce qui fait l'horreur c'est le désir, et le désir devient monstre » Pour cette raison, on le retrouve à la fois à la source des songes et des cauchemars, notamment pendant le Moyen Âge.

Etymologie

Le terme succube vient du mot latin succuba qui signifie « concubine ». Il ne désigne le démon femelle qu'à partir du XVIe siècle[1].
Une autre étymologie le fait dériver du latin classique sub, « sous », et cubare, « coucher », donc « qui couche sous » (ou « être couché sous »). C'est un mot masculin, parfois employé au féminin.

Une figure universelle

En Hongrie, « les sorcières de Szeged chevauchent ceux qu'elles aiment ou qu'elles détestent : elles s'assoient sur leur poitrine jusqu'à ce qu'ils ne puissent presque plus respirer, puis elles les transforment en chevaux volants »[3].
Dans la mythologie antillaise, le succube porte le nom de dorlisse.
Dans la littérature arabe ancienne, le succube est connu comme un démon femelle qui dérange les hommes pendant leur sommeil et les accompagne dans leur lit[1].

Les principaux attributs du succube sont la séduction, le vol et la chevauchée nocturne, son rapport à la mort et à la dévoration (de la chair notamment). Ces thèmes, considérés comme néfastes et démoniaques en règle générale, n'en sont pas moins des formes à caractères initiatiques dans les sociétés traditionnelles.

Ainsi la croyance entourant ce démon semble avoir une racine commune avec des démons ou créatures comme les harpies, les sirènes, la Lilītu mésopotamienne, la Goule mésopotamienne et arabe, les lamies, les Stryges.
Le Vampirisme, dans sa version féminine, présente à certains égards une thématique commune à celle du succube, notamment ceux de la séduction, de la dévoration et de la mort.
Les créatures féminines au caractère bénéfique, comme les dryades et les nymphes grecques peuvent également être rattachées au succube, du fait de l'ambivalence de sa nature, et, comme il sera vu plus bas, du fait de leurs parentés à certaines traditions chamaniques..
Des créatures divines partageant ce statut de "femme fatale", à la fois séduisante, protectrice et dangereuse, se retrouvent dans la Mythologie égyptienne, avec la troublante déesse-chatte Bastet. En effet, on retrouve dans les deux l'allégorie de la féminité et de la séduction, mais également de la cruauté.

# Posté le jeudi 06 décembre 2007 01:01

Les Oracles

Les Oracles
Les oracles grecs constituent un aspect fondamental de la religion et de la culture grecque. L'oracle est la réponse donnée par un dieu que l'on a consulté à une question personnelle, concernant généralement le futur. De tels oracles ne peuvent être rendus que par certains dieux, dans des lieux précis, sur des sujets déterminés et dans le respect de rites rigoureusement respectés : la prise d'oracle s'apparente à un culte. De plus, interpréter les réponses du dieu, qui s'exprime de diverses manières, demande parfois un apprentissage. L'oracle nécessite souvent une interprétation.

Par extension, le terme d'oracle désigne aussi le dieu consulté, l'intermédiaire humain qui transmet la réponse ou encore le lieu sacré où la réponse est donnée. La langue grecque distingue ces différents sens : parmi de nombreux termes, la réponse divine peut être désignée par χρησμός / khrêsmós, proprement « le fait d'informer ». On peut aussi dire φάτις / phátis, « le fait de parler ». L'interprète de la réponse divine est souvent désigné par προφήτης / prophêtês, « qui parle à la place [du dieu] », ou encore μάντις / mántis et πρόμαντις / prómantis. Enfin, le lieu de l'oracle est le χρηστήριον / khrêstếrion (terme qui désigne aussi l'oracle et la réponse de l'oracle).

La mantique, c'est-à-dire le domaine de la divination, n'est, dans le monde grec antique, constituée que des sciences oraculaires. Les devins comme Tirésias sont considérés comme des personnages mythologiques : la divination, en Grèce, n'est pas l'affaire de mortels inspirés mais de personnes respectant des rites déterminés, bien que la tradition ait pu donner l'apparence d'une telle inspiration, ou, au sens propre,, « enthousiasme », c'est-à-dire le « fait d'avoir le dieu en soi ».


La faculté de divination, ou μαντεία / manteía, est une capacité purement divine. Pour comprendre la mantique grecque, il faut savoir que le destin, personnifié par les trois Moires (Μοῖραι / mõirai, proprement « celles qui donnent [le destin] en partage »), est une force indépendante des dieux, qui y sont soumis et ne peuvent le fléchir. Tout au plus peuvent-ils le retarder et, surtout, l'entrapercevoir et en faire part, de manière voilée, aux mortels. Ce pouvoir de divination semble, dans les premiers temps de la mantique, être lié fortement avec la terre et les forces chtoniennes, d'où les oracles rendus par incubation, c'est-à-dire transmis aux mortels par les songes, après une nuit passée contre le sol.

Le premier dieu-devin est Zeus, dont les oracles sont rendus dans de nombreux sanctuaires, le plus ancien étant celui de Dodone, en Épire. Le sanctuaire oraculaire de Dodone, d'ailleurs cité chez Homère, a connu un déclin au IVe siècle av. J.-C. Les oracles de Zeus étaient transmis, entre autres, par incubation aux prêtres Selles qui, pour rester en contact avec le dieu sous un aspect chtonien (ce qui montre son ancienneté), devaient dormir au sol, marcher pieds nus et ne pas se les laver. Plus tard, c'est par le bruit du vent dans les feuilles des chênes de Dodone que le dieu s'exprimait. L'interprétation pouvait aussi être effectuée par deux prêtresses nommées les Colombes (qui pratiquaient peut-être aussi la prise d'auspices, ou interprétation du vol des oiseaux). Certaines des questions posées au dieu ont été retrouvées grâce à des lamelles de bronze sur lesquelles, plus tardivement, on les écrivait.

Zeus-devin était aussi consulté à Olympie, et s'adressait aux prêtres Iamides via les flammes du sacrifice. Ceux-ci se montraient aussi haruspices, en lisant la réponse du dieu dans les entrailles prélevées sur la victime. À l'époque classique, Zeus oraculaire est surtout présent en Égypte, identifié avec Amon.

Aphrodite était consultée à Paphos, ville de l'île de Chypre, et s'exprimait dans les entrailles et le foie des victimes sacrificielles ; comme Zeus à Olympie, cette méthode oraculaire s'apparente à l'haruspicie. Athéna, quant à elle, adressait ses réponses à travers un jeu de galets et d'osselets. Asclépios et Amphiaraos, par incubation (voir plus haut), donnaient des conseils thérapeutiques aux consultants, qui devaient passer au moins une nuit dans leur sanctuaire, principalement à Épidaure et Athènes pour Asclépios, à Oropos (au nord d'Athènes) et à Thèbes pour Amphiaraos. La réponse venait sous forme de rêve à interpréter soi-même.

Trophonios possède également un oracle à Lébadée, en Béotie, évoqué dans les Nuées d'Aristophane, dans l'œuvre de Plutarque (le Démon de Socrate ou Sur la disparition des oracles) ainsi que dans un épisode de la Vie d'Apollonius de Tyane. Mais c'est surtout par Pausanias que nous connaissons le rite de la descente dans l'antre souterrain de ce héros, architecte mythique, avec son frère, du seuil du temple pythien de Delphes, d'après l'Hymne homérique à Apollon.

Apollon est devenu l'archétype du dieu-devin, que l'on consultait par oracle surtout à Delphes (mais aussi à Délos, Patara ou encore Claros). Les oracles qu'on y rendait sont encore célèbres et l'importance du sanctuaire oraculaire de Delphes nous a permis d'en suivre l'évolution, ainsi que d'en connaitre certains détails importants pour appréhender la mantique grecque.

L'oracle de Delphes est resté très vivant et consulté jusqu'au IIe siècle av. J.-C. Les empereurs de Rome sont peu à peu venus non pour demander des oracles, mais pour piller le sanctuaire. La Grèce se dépeuple et le sanctuaire a de moins en moins de clients, on ne construit plus de nouveaux monuments pendant cette période, Plutarque est désolé de ne voir la Pythie au travail qu'une fois par mois. Pausanias constate la dégradation terrible du sanctuaire d'Athéna Pronoia. Le monde grec s'effondre et Delphes en subit la marée. Les débuts de l'ère chrétienne vont lui porter le coup de grâce. ; les chrétiens, vont véhiculer une image fausse, celle d'une femme hystérique et droguée, et en transmettant des textes erronés, ont participé grandement à son abandon. Parmi les témoignages les plus sûrs, nous avons ceux de Plutarque (v. 46-v. 120 ap. J.-C.), qui a assumé pendant 30 ans la charge de prêtre du temple d'Apollon, pendant les jeux pythiques, c'est-à-dire une fois tous les quatre ans. Nous savons grâce aux fouilles menées à Delphes que le sanctuaire a été l'un des plus fréquentés et des plus riches. Pour plus de détails sur le sanctuaire lui-même

La prophétesse (προφῆτις / prophễtis), au sens grec : celle qui parle à la place [du dieu], est nommée la Pythie (Πυθία ἱέρεια / puthía hiéreia, « prêtresse pythienne »), choisie parmi les femmes de la région. Son nom (à l'origine un adjectif, mais on utilise souvent Πυθία / puthía seul) vient d'une épiclèse d'Apollon, dit pythien à Delphes, parce qu'il y avait terrassé le serpent Python ; Delphes, d'ailleurs, est souvent nommée Πυθώ / puthố (voir l'article Apollon pour plus de détails). La Pythie était souvent âgée, et Plutarque nous apprend qu'elle pouvait avoir une cinquantaine d'années, ce qui, pour l'époque, est un âge avancé. Celle-ci s'exprimait en vers (du moins s'est-elle exprimée ainsi pendant longtemps ; Plutarque fait cependant remarquer qu'à son époque elle ne le faisait plus, sans pouvoir expliquer pourquoi), et ses propos confus devaient être interprétés par un collège de deux prêtres, assistés par cinq ministres du culte. Chose exceptionnelle, ces charges étaient attribuées à vie.

La marche à suivre pour consulter le dieu était la suivante :

le consultant (qui ne pouvait pas être une femme), s'acquittait d'une taxe versée à une confédération de cités ; les consultations pouvaient être demandées individuellement ou collectivement, pour une cité, par exemple. Le paiement d'une surtaxe ou des services rendus à la cité de Delphes permettaient d'acquérir le droit de promantie (προμαντεία / promanteía), c'est-à-dire celui de consulter avant les autres, et ainsi de passer outre la liste d'attente qui pouvait être d'autant plus longue qu'on ne pouvait consulter la pythie qu'un jour par mois ;
on menait le consultant dans l'adyton (ἄδυτον / áduton) du temple d'Apollon ;
il y rencontrait la Pythie, qui s'était purifiée, avait bu l'eau de la source Castalie de Delphes et mâchait des feuilles de laurier ; celle-ci était installée sur un trépied.
le consultant offrait un sacrifice sanglant au dieu, lequel était conduit par les deux prêtres et leurs assistants ; préalablement, la victime était aspergée d'eau froide et, si elle ne tremblait pas, la prise d'oracle était annulée (au risque, sinon, de tuer la Pythie : elle ne pouvait contredire ce signe du dieu qui donnait ou non son accord) ;
le consultant posait sa question à la Pythie, question que les prêtres (chacun était un προφήτης / prophếtês) avaient souvent remise en forme (afin qu'elle prît la forme d'une alternative) ;
la Pythie, enfin, rendait l'oracle du dieu, qui parlait à travers elle ; cette réponse devait être rendue claire par les deux prêtres d'Apollon. D'après les témoignages, dont ceux de Plutarque, la Pythie n'était pas visible, et l'on n'entendait que sa voix.
On le voit, la Pythie était en état d'enthousiasme, c'est-à-dire d'inspiration divine ; la légende rapportait que des effluves magiques sourdaient dans le temple, et qu'ils étaient responsable de l'état second connu par la Pythie. Selon des historiens grecs, qui ne font que répéter des légendes, ces effluves auraient même poussé au suicide des bergers et de simples mortels qui les auraient respirés par hasard, avant que l'on destine à ce rôle dangereux la seule Pythie. Il convenait donc que celle-ci, pour recevoir l'inspiration divine, le pneuma sans en souffrir, fût pure, vierge, et menât une vie saine. Son esprit devait être disponible, calme et serein, afin que la possession par le dieu ne soit pas rejetée, au risque de la mener à la mort.

Depuis la fin de l'Antiquité, plusieurs hypothèses ont tenté d'expliquer les prétendues transes de la prêtresse, mais les preuves concrètes ou textuelles ont toujours manqué. La Pythie, on l'a dit, se tenait dans l'adyton du temple. Or, si les fouilles actuelles à Delphes ne permettent pas de reconstituer avec précision ce qu'était cet adyton (il a en effet été rasé par différents envahisseurs et les chrétiens), les théories les plus communes admettent qu'il s'agissait d'une partie en contrebas et non pas d'une salle secrète située en dessous du temple, encore moins d'un gouffre. Aucune fissure n'est non plus visible.

Une autre théorie reconstitue l'adyton non comme une salle, mais comme une fosse ouverte. En effet, si l'adyton fut une crypte, comme c'est le cas pour le temple de Zeus, les fouilles auraient révélé des traces, mêmes infimes, alors qu'en l'occurrence, il n'en est rien. Les archéologues se sont cassé l'esprit sur cette absence totale d'éléments. Mais si on ne retrouve rien, c'est que peut-être, il n'y avait rien. L'adyton est un endroit sacré, les delphiens ont construit le temple autour, mais ils ont dû laisser la fosse à l'état brut, sans plafond. La pythie pouvait apercevoir la porte du temple du haut de son trépied, un temple de 63 mètres de long... Pourtant, les auteurs antiques parlent de « descente » dans l'adyton, d'une « béance », d'un « orifice ». L'adyton était probablement une simple cavité, avec un trou au milieu et le trépied dessus. Le temps a rebouché le trou, la fosse s'est remplie d'herbes. L'adyton était suffisamment large pour contenir le trépied, l'omphalos, un plan de lauriers, le tombeau de Dionysos, une statue d'Apollon et un endroit où le consultant s'asseoit. Plutarque, Strabon, Platon, Pausanias, Diodore et beaucoup d'autres témoins ont laissé leur vision de cet endroit.

On l'a dit, les chrétiens ont tourné en dérision cette prêtresse car ce qu'elle incarnait n'était plus de leur monde. Ils ont décrit la Pythie comme une folle écumant de bave, enivrée de vapeurs de soufre, possédée physiquement par le Malin qui s'introduisait via son vagin. De tels propos se trouvent, par exemple, chez Origène ou Jean Chrysostome. Quoi qu'il en soit, cette vision ne coïncide absolument pas avec ce que les Grecs nous ont rapporté de leur prêtresse. De plus, ce qui contredit les Grecs eux-mêmes, l'on n'a retrouvé à Delphes aucune fissure sous le temple d'Apollon, ni aucune autre exhalaison naturelle. Bien qu'incohérente avec les fait historiques, cette image de la Pythie s'est imposée à l'imaginaire collectif. De fait, il n'est pas rare de trouver une telle Pythie folle dans les ouvrages les plus sérieux ou bien quelque allusion à des émanations gazeuses dont il n'existe aucune preuve réelle.

Outre un rôle religieux majeur dans le monde antique — en effet, l'oracle d'Apollon n'était pas exclusivement consulté par les Grecs — les oracles de la Pythie ont tenu une place importante dans l'organisation politique grecque. Trois faits curieux sont notables concernant l'opinion que le dieu était censé avoir de la puissance grecque. L'oracle, en effet, n'a pas toujours soutenu les actions de son peuple.

Lors des guerres médiques (ayant opposé les Grecs aux Mèdes), Athènes avait consulté l'oracle, en 490 avant l'ère chrétienne, afin de demander s'il était bon que Sparte l'aidât. L'oracle rendit une réponse négative, alors que c'est justement l'intervention du spartiate Léonidas aux Thermopyles en 480 qui permit aux Athéniens de gagner du temps pour remporter la victoire à Salamine (laquelle victoire serait due, pour le coup, à un oracle de la Pythie, qui avait conseillé de bâtir un mur de bois, ce qui, symboliquement, représentait la flotte athénienne massée dans le goulet de Salamine). On accusa alors la Pythie de mêdiser (μηδίζειν / mêdízdein), de « parler en faveur des Mèdes ».

Le deuxième oracle marquant prend place pendant les guerres du Péloponnèse, qui opposaient Athènes à Sparte ; celui-ci donnait clairement raison aux Spartiates. On accuse cette fois-ci la Pythie de lacôniser (λακωνίζειν / lakônízdein), de « parler en faveur de Lacédémone », autre nom pour Sparte.

Enfin, pendant les conquêtes de Philippe, l'oracle, du côté du « barbare », est accusé pour le coup de philippiser (φιλιππίζειν / philippízdein).

En sorte, l'oracle se montre surtout méfiant vis à vis des Athéniens. En fait, il subissait bien sûr les influences du peuple de Delphes, pro-aristocrate et assez conservateur. Cela explique sans doute pourquoi la Pythie s'est souvent montrée défavorable à Athènes : la démocratie n'était pas en odeur de sainteté dans cette région du monde grec.

Bien que souvent défavorable à Athènes, l'oracle a pourtant appuyé son action colonisatrice. C'est ainsi que la légende rapporte que la colonie de Cyrène, en Libye, fut fondée grâce à un tel oracle : un certain Bathos était affligé d'un bégaiement. L'oracle lui avait conseillé pour sa guérison de fonder une cité à Cyrène ; ce faisant, il y vit un lion. La peur causée par cette rencontre fortuite le guérit définitivement de cette affliction. Il existe nombre d'exemples de ce type.

La cité de Delphes, d'autre part, prit dans l'Antiquité un rôle économique important : ville très fréquentée, l'argent y circulait (celui des taxes de consultation, des nombreux trésors offerts par les cités que l'oracle avait « favorisées », des offrandes, des achats de victimes sacrificielles que seuls les marchands de la ville pouvaient vendre, etc.). Apparurent, pour gérer ce flux monétaire créé par les consultations oraculaires, des changeurs et des prêteurs. C'est d'ailleurs à Delphes, au VIe siècle avant l'ère chrétienne, que les premières banques ont fait leur apparition.

Apollon n'était, en outre, pas le seul dieu résidant à Delphes : Dionysos était dit y passer l'hiver et Athéna y était aussi honorée ; la coexistence de ces cultes faisaient dire aux anciens que la présence de l'oracle était un gage de respect mutuel.

Enfin, la ville de Delphes baignait dans un climat de piété et d'effervescence intellectuelle. On s'y dépouillait de ses masques sociaux, à l'image d'Apollon qui, fondant la cité, dut se purifier du meurtre de Python. La philosophie y était pratiquée et encouragée, et c'est un oracle de Delphes qui aurait poussé Socrate à enseigner, après qu'un de ses disciples y aurait appris que son maître était le plus sage des hommes. Plusieurs devises philosophiques ornaient la ville : « rien de trop » (μηδὲν ἄγαν / mêdén ágan), inculquant la mesure et le rejet des excès, « connais-toi toi-même » (γνῶθι σεαυτόν / gnỗthi seautón), sur le fronton du temple d'Apollon, maxime enseignant l'importance de l'autonomie dans la recherche de la vérité (formule que Socrate reprendra à son compte dans le Charmide) et celle de l'introspection, ainsi qu'un très étrange « Ε », aussi sur le fronton du temple (ref. [1]) et sur la signification duquel les Grecs se sont longuement interrogés, et qui pourrait être une manière de noter le mot εἶ / eĩ, « tu es », sous-entendu « toi aussi une partie du divin » ? Quoi qu'il en soit, la présence de l'oracle a fait de Delphes le lieu par excellence de la révélation à soi.



# Posté le jeudi 06 décembre 2007 00:50

L'Ankou

L'Ankou
L' Ankou, est la mort personnifiée. Il est représenté sous la forme d'un homme grand et maigre aux cheveux longs et blancs ou d'un squelette. Vêtu de noir ou d'un linceul, il porte un feutre noir à larges bords sous lequel brillent deux chandelles en guise d'yeux. Il arbore également une faux à tranchant en dehors qu'il lance en avant pour frapper ses victimes et qu'il aiguise avec un os humain. Debout sur sa charrette à deux chevaux dont le grincement des essieux est le pire des présages, il sillonne les campagnes en faisant pivoter sa tête à sa guise autour de sa colonne vertébrale. Ainsi, rien ne lui échappe et malheur à qui se trouve sur la route du funeste convoi !

En effet, dans certaines légendes l'Ankou tue sans faucher réellement, le simple fait de l'approcher, de l'entendre passer ou à plus forte raison d'échanger des paroles avec lui suffisent à causer la mort de la personne en question ou de l'un de ses proches.

C'est le triste sort de Fanch ar Floc'h, ce talentueux forgeron qui absorbé par son ouvrage travailla le soir de Noël jusqu'après l'heure sainte de minuit à qui l'Ankou rendit alors visite pour faire réparer sa faux. L'homme accomplit cette tâche sans se douter de l'identité de son hôte et mourut à l'aurore.

Une légende raconte également comment un jeune homme trop curieux, ayant reconnu le célèbre grincement des essieux de la charrette de l'Ankou, décida de l'observer sans se faire voir en se cachant dans une touffe de noisettes. Le convoi s'arrêta soudain et l'un des compagnons de l'Ankou s'approcha de la cachette afin de couper de quoi remplacer la cheville brisée de l'un des essieux. Se croyant tout d'abord perdu le jeune homme fut vite soulagé de voir l'Ankou s'éloigner sans remarquer sa présence... le lendemain on l'enterrait.

L'Ankou est effectivement accompagné de deux hommes qui l'aident dans sa mission, l'un tient la bride du cheval de devant, l'autre ouvre les barrières pour faciliter son passage et dispose sur la charrette les cadavres de victimes fauchées. Des pierres lestent la charrette afin de la faire grincer et que l'on l'entende ainsi venir, lorsqu'un malheureux est fauché, quelques pierres sont déchargées. Pour cette raison, on dit que lors de veillées mortuaires on entend parfois un bruit de caillasse; c'est l'âme du défunt qui remplace une partie du lest sur la charrette de l'Ankou.

On dit que pour chaque paroisse, le dernier mort de l'année devient l'Ankou de l'année suivante. Le jour, il est également présent à travers les sculptures à son effigie qui ornent les ossuaires, ainsi il rappelle toujours aux hommes la fin à laquelle aucun ne peut se soustraire. Et ces mots gravés sur la pierre de nous mettre en garde " La mort, le jugement, l'enfer froid : quand l'homme y pense, il doit trembler ".

# Posté le jeudi 06 décembre 2007 00:41

Modifié le jeudi 06 décembre 2007 00:53